Rétablir la vérité sur Fabrice Planchon

Publié le par Nicolas Rey-Bèthbéder

Rétablir la vérité sur Fabrice Planchon

M. Jean-Pierre Michas,


Votre interpellation et vos attaques contre un soit-disant "bilan Deuilhé-Planchon" appellent une réponse claire, sereine et précise.


Vous revendiquez aujourd’hui la liberté d’expression — nul ne songe à vous la contester. Permettez-moi toutefois de rappeler que cette liberté vaut pour tous, y compris pour celles et ceux qui expriment des désaccords argumentés. Le débat démocratique ne gagne rien à l’outrance ni aux procès d’intention.


Vous affirmez partager le même « bilan » que Nicole Dédébat, de mon groupe Imagine Saint-Lys, au motif que vous siégez tous deux dans l’opposition depuis 2020. L’histoire mérite d’être rappelée avec exactitude. En 2020, vous étiez candidat sur la liste de la majorité sortante conduite par Serge Deuilhé, dont vous avez mené une campagne active. Élu sous cette bannière, vous avez, à juste titre, rompu lorsque l’appétit de tout cumuler du maire est devenu manifeste.


De septembre 2020 à 2024, vous vous êtes alors rapproché de notre groupe Imagine Saint-Lys, contribuant utilement à son travail. Je n’oublie ni la cordialité de nos échanges ni votre aide précieuse lors de ma campagne écologiste aux départementales de 2021. Je sais aussi votre sincère fibre environnementale.


Nos chemins se sont séparés lorsque vous avez choisi un rapprochement avec le Rassemblement National. Notre ligne, constante, est claire : nous combattons les extrêmes, de gauche comme de droite. Cette divergence politique n’efface ni le respect personnel ni la reconnaissance du travail accompli ensemble.


Vous ciblez aujourd’hui Fabrice Planchon. Permettez-moi de rappeler qu’hier encore, en 2024, vous me disiez qu’« il ferait un bon maire ». Vous avez été longtemps un planchoniste convaincu. La cohérence commande d’éviter les anathèmes rétrospectifs.


Oui, Fabrice Planchon a siégé dans la majorité. Oui, il a connu un conflit avec Serge Deuilhé dès 2020. Mais il serait inexact de prétendre qu’il aurait été un simple exécutant docile. Chacun a pu constater, notamment dans la gestion des dossiers scolaires et culturels, son sérieux, son sens de l’écoute et sa capacité de travail. Des marques d’indépendance ont été posées dès le début du mandat ; elles se sont affirmées clairement fin 2024.


Notre association avec lui n’est pas un opportunisme électoral : elle procède précisément de cette différence avec Serge Deuilhé. Imagine Saint-Lys a toujours recherché l’union la plus large de l’opposition. Thierry Bertrand a décliné cette perspective en décembre 2024 ; c’est son choix. Fabrice Planchon, pour sa part, a accepté l’ouverture et la construction d’une liste rassemblée. C’est un fait.


Enfin, permettez-moi d’observer que, s’agissant des municipales de 2026, vous avez successivement annoncé en septembre 2025 une liste personnelle, puis en décembre une union des droites avec Jean-Christophe Verdier, avant d’évoquer en janvier 2026 une candidature aux côtés de Marie-Michelle Colot sous l’étiquette RN — projets qui, tous, n’ont pas abouti. La constance est une vertu en politique.


Pour ma part, je suis un homme de centre gauche et écologiste. J’ai adhéré au MoDem dès sa création, mais n'étant pas macroniste, j’ai également milité à Europe Écologie-Les Verts de 2018 à 2022. Depuis je ne suis plus dans aucun parti. Cette cohérence m’importe.


Le débat municipal mérite mieux que des invectives et des vidéos fumeusrs. Il mérite des projets, une vision et une éthique. C’est sur ce terrain que je me tiens, avec fermeté mais sans animosité.

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